http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/02/01/508717/Navire-saoudien-abbatu-Isral-paniqueNavire saoudien abattu, Israël panique

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Syrie : Les Droits de l’Homme à la carte

Les Nations Unies ainsi qu’un bon nombre de dirigeants occidentaux relayés par des médias de grande audience ont martelé à toutes les heures de la journée qu’une crise humanitaire est en train de se produire dans les quartiers est d’Alep lorsque l’armée syrienne était en phase de remporter une grande victoire stratégique.

Ce n’est pas un tort de s’inquiéter du sort des civils dans les quartiers est d’Alep. Cependant, ce qui est également inquiétant est le sort des populations civiles sur tout le territoire syrien à cause de la guerre. La manipulation des Droits de l’Homme selon les intérêts de certains gouvernements souhaitant protéger leurs mercenaires, et autres sous-traitants sur place est aussi préoccupante.

Quelques humanistes français et européens suivent aveuglement certains médias de masse qui ne font que les dépouiller de tout esprit critique ainsi et du bon sens. Toutefois, ces mêmes médias à qui les humanistes européens donnent du crédit leurs occultent l’essentiel de ce qu’il se passe en Syrie. La propagande médiatique au nom de la protection des civils, au nom des Droits de l’Homme ne souffle pas un mot sur la détresse que vivent depuis deux ans les habitants de Foua et Kefraya, deux localités syriennes dans la région d’Idlib.

Les défenseurs des Droits de l’Homme se sont insurgés pour sauver les civils de l’est d’Alep. Mais au moment où la propagande était à son apogée, il ne restait qu’une poignée de combattants syriens et étrangers venant en Syrie avec leurs familles pour rétablir le nouveau Califat. Ces derniers ont été évacués par l’armée syrienne.

En revanche, les civils d’Alep ouest, de Foua et Kefraya et du reste de la Syrie ne méritent pas aux yeux des adeptes des Droits de l’Homme français et européens de se pencher sur leur cas. Ont-ils moins de dignité que ceux d’Alep est qui sont sortis massivement vers les régions contrôlées par l’Etat syrien fêtant la victoire de l’armée syrienne ? Une certaine malhonnêteté médiatique s’est installée depuis le début de la crise syrienne mettant l’éclairage sur des situations humaines qui dans le fond ne servent que les intérêts stratégiques des impérialo-sionistes.  Certainement le sort des civils des quartiers est d’Alep était à déplorer, notamment lorsque les combattants les ont pris comme bouclier humain, allant jusqu’à exécuter toutes personnes essayant de fuir[1].

Foua et Kefraya deux localités peuplées de syriens chiites se situent dans la région d’Idlib. Pour Ghanya Dergham journaliste syrienne : « Les deux villages sont encerclés depuis le 29 mars 2015, par des groupes terroristes appartenant à l’organisation Jaych Al-Cham pratiquants envers les habitants toutes les exactions, les privant de leurs droits les plus élémentaires, coupant l’eau, l’électricité et interdisant l’entrée des secours et le ravitaillement en médicaments, bombardant quotidiennement les deux villages par plusieurs sortes d’obus artisanaux et de missiles de toutes sortes. »[2] Il convient de préciser que les châteaux d’eaux sont également bombardés et des enfants meurent de faim et de soif.

Il existe à Foua et Kefraya environ 50 000 civils soumis aux pires des blocus. Lorsque les populations sont ravitaillées en avion par l’armée syrienne, les combattants tirent sur les parachutes pour détruire leurs contenus. Ces derniers ont également mis hors d’utilisation les champs agricoles par un bombardement massif de toutes sortes de mortiers, sans oublier ainsi les snipers embusqués afin d’empêcher les agriculteurs d’exploiter leurs champs.

A Foua et Kefraya des blessés attendent la mort par manque de soins. L’hôpital central a été détruit sur la tête de ses pensionnaires. Néanmoins, rares sont les journalistes français et européens qui parlent de ce problème, tandis que les hôpitaux d’Alep transformés en stock d’armes suscitaient toutes les indignations lorsqu’ils ont été bombardés.

Majed Hatmi journaliste syrien précise : « Les terroristes ont bombardé les habitations civiles, les écoles, les mosquées, les hôpitaux, les champs cultivables, avec des mortiers et des obus de toutes sortes, les mettant hors d’état de fonctionner. Tandis que les snipers tirent sur les bétails afin d’empêcher les habitants de les exploiter. »[3]

Les Droits de l’Homme sont-ils sélectifs ? S’appliquent à la carte et selon les intérêts stratégiques de certains pays ? Ont-ils perdu leur universalité ?

Du moment que les Droits de l’Homme sont applicables pour un groupe d’humain et non pas pour un autre, cela signifie que quelques humanitaires dévoués manipulent ce concept avec les opinions publiques. Quant à certains champions de la liberté absolue, dont la liberté religieuse fait partie, ils savent pertinemment que le seul crime des habitants de Foua et Kefraya est leur appartenance à l’Islam chiite .

Les témoignages donnés lors de l’émission intitulée La Terre diffusée sur la chaîne Al-Mayadeen[4]  montrent que ce sont les habitants de Foua et Kefraya qui défendent les territoires contre les assaillants et lorsque les combattants laissent des convois humanitaires entrer dans les deux villages après avoir obtenu des contreparties de l’Etat syrien, ils confisquent les contenus essentiels au bon fonctionnement des médicaments, des vaccins ou des poches de sang destinées aux blessés, ce qui en rend l’usage impossible. Néanmoins, ces convois humanitaires sont acheminés sous la surveillance des Nations Unies.

Enfin, pourquoi les amoureux des Droits de l’Homme ne s’intéressent-ils pas aux supplices qu’endurent les civils de Foua et de Kefraya, et tout le peuple syrien privé des moindres droits lui permettant de vivre décemment et dignement ?

Antoine Charpentier

 

[1] Les charniers que l’armée syrienne retrouve actuellement dans les quartiers libérés d’Alep.

[2] Ghanya DERGHAM, « Fouwa et Kefraya, deux localités syriennes qui résistent au terrorisme mondial. », Al-Hadass Yom, 8-12-2016, http://www.alhadathtoday.com/index.php?page=News&id=10644 ( En arabe)

[3] Majed Hatmi, « Kefraya Al Foua et l’Occident affligé à Alep », www.alam.ir ( En arabe)

[4] Al-Mayadeen, De la Terre, Foua et Kefraya, 11-06-2015, 01-09-2016, émission en arabe en ligne sur youtube.

Syrie : La France persiste dans le mensonge.

Pendant que les Syriens fêtent la victoire d’Alep, le pouvoir français évoque une crise humanitaire. Pendant que la population d’Alep se réjouit d’être débarrassée de ses bourreaux. La France pleure leur sort.

Quant à l’ONU, il signale des atrocités commises à l’égard des civils par l’armée syrienne, mais toujours sans aucune preuve convaincante. Certains médias occidentaux, notamment français, se contentent d’exhiber sur leurs écrans des personnes interviewées par Skype. Mais nous ne savons pas exactement qui sont ces personnes, ni le lieu de leur résidence. De ce fait, leur affirmation, qu’elles vont être exécutées par l’armée syrienne d’une minute à une autre, reste invérifiable.

Pourquoi l’ONU ainsi que les médias occidentaux refusent d’écouter les civils sortant des quartiers est d’Alep ? Ce se sont eux, tout de même, qui détiennent la vérité. Pourquoi les médias français utilisent des séquences vidéo filmées par l’armée syrienne et ne reflétant aucun massacre pour ainsi proférer leurs mensonges ?
Evoquer sans cesse des massacres et des atrocités inexistantes envers les civils d’Alep par l’armée arabe syrienne, c’est prendre des millions de personnes dont des Syriens pour des imbéciles, les accusant indirectement d’être collaborateurs d’un crime de grande envergure, perpétré soi-disant par le pouvoir syrien, mais concrètement il n’existe pas.

Comment se fait-il qu’une armée assassine depuis six ans son peuple sans aucun retournement de situation ? Pourquoi les occidentaux font une fixation sur Alep, occultant volontairement les réconciliations nationales qui ont lieu entre les syriens, sous l’égide de l’Etat syrien et son armée ?

Le fond du problème est que le peuple français est pris dans l’étau d’une propagande infernale qui ira jusqu’au bout de sa logique, puisque les instigateurs ne sont pas capables ni de se remettre en question, ni de faire marche arrière, ni d’avouer qu’ils se sont trompés ou ont menti.

Cependant, bon nombre de médias français ne cessent d’évoquer les conditions de vie déplorables à Alep est, le manque d’électricité, d’eau, de nourriture, de soin, ce qui est général à toute la Syrie qui subit depuis six ans une affreuse guerre mondiale accompagnée par des dures sanctions économiques. En revanche, ce qui est frappant est l’existence de connexion internet permettant à ces activistes d’affirmer sur les télévisions françaises que l’armée syrienne est en train d’exécuter les civils. Quelle chimère !

D’autres médias français ont l’indécence de lancer via internet des sondages demandant aux français s’ils souhaitent encore voir le président Bachar Al-Assad à la tête de la Syrie. Hormis l’absence de légitimité d’une telle manœuvre, c’est l’esprit colonialiste qui se réveille de nouveau chez quelques personnes en France.

Pendant que la propagande mensongère se déchaine, le Pape François envoie son ambassadeur en Syrie rencontré le président Assad, lui transmettant un message de soutien. Le pape a aussi vendu son âme au diable ?

Toutefois, nombreux sont les français, journalistes, politiques et citoyens qui affirment que la victoire d’Alep est celle du président Poutine. Pour d’autres, cette victoire est celle de l’Iran et du Hezbollah, mais aucun ne mentionne que la victoire est celle de l’Etat syrien et son armée. Cela pour éviter d’attribuer une réussite ou un point positif à l’Etat syrien dans ce conflit.

La perversion a atteint en France des niveaux d’une dangerosité très élevée, qui se perçoit dans l’expression de certains journalistes ou chercheurs évoquant les rebelles de Daech. Toutefois, ont-ils oublié que Daech est classée par la communauté internationale
comme organisation terroriste et bras armés d’Al Qaeda en Syrie ? La contradiction de leurs propos réside dans leurs affirmations que la France mène des frappes contre Daech en Syrie. Si nous les écoutons parler, Daech en Syrie ne sont que des rebelles, mais lorsqu’ils frappent en France ils deviennent des terroristes. Comment l’esprit français peut-il acquiescer cela ?

Les mêmes persistent dans leur calomnie, affirmant que la rébellion est mal armée face à l’Etat syrien. Ce fut la raison de sa perte à Alep.

Comment expliquer qu’une rébellion mal armée peut abattre des avions, peut bombarder les quartiers d’Alep ouest par des missiles Grad et autres armes lourdes. Il est convenable de regarder honnêtement ce que trouve actuellement l’armée syrienne dans les sous-sols des immeubles d’Alep en matière d’armements (de toutes sortes et de tous les calibres) étrangers.

Ce déchainement médiatique mensonger prouve la crainte d’une éventuelle prise de conscience du peuple français et sa découverte de la vérité. Cela montre également que les européens, notamment les français n’ont plus l’initiative politique et ne décident plus de rien au moins au Moyen-Orient.

Quant à la subite apparition du maire d’Alep est, il convient de préciser que depuis toujours il n’existe qu’un seul maire à Alep résidant dans les quartiers ouest sous contrôle de l’Etat. Cette farce est née après que la France ait demandé que l’est d’Alep devienne une zone indépendante du reste de la Syrie. La France veut-elle divisée la Syrie ?

Le soi-disant maire d’Alep dont nous n’avions jamais parlé auparavant demande de laisser les civils sortir de ses quartiers, il ne précise pas pour quelle destination. Il ne dit pas que les civils sortent déjà des quartiers est vers l’ouest, même avant ses apparitions. Mais, pourquoi les civils de l’est d’Alep ne partent pas avec les honnêtes rebelles modérés dans la région d’Idlib ?

Quant à la tour Eiffel, qui a été éteinte un soir en solidarité avec les civils d’Alep massacrés par l’armée syrienne et ses alliés, cela n’est pas d’une grande importance. Le risque majeur est que l’esprit obscurantiste ne retombe pas sur la France à cause de la politique de ses dirigeants en Syrie et au Moyen-Orient.

A l’heure Alep est libérée, songeons à l’étape suivante…

Antoine Charpentier

La victoire d’Alep

La victoire se profil a victoire à Alep. Une des plus grandes et des plus déterminantes batailles a été remportée par l’armée syrienne. Les perdants semblent toujours persister dans le mensonge, appuyés par leurs médias de masse, eux-mêmes dominés par un tiers qui ne dit pas son nom, que le président Hugo Chavez nommait autrefois « la main invisible ».

Le mensonge de l’Occident impérialo-sioniste s’achève en Syrie, trouvant comme tombe la ville d’Alep avec une sépulture inscrivant dessus le mot HONTE. Oui, honte au monde libre, au monde moderne et soi-disant développé, honte à la Démocratie, honte aux Droits de l’Homme qui dans la pratique n’ont que l’appellation.

Après la victoire, les mensonges proférés à propos d’Alep par les dirigeants occidentaux vacillant les uns après les autres vont être révélés. Le monde dit moderne et libre va découvrir qu’Alep n’est pas uniquement la partie est où il y avait 250 000 civils pris comme bouclier humain par des factions terroristes ; factions bombardant quotidiennement 1 million et demi de civils à Alep-ouest ,tuant des femmes et des enfants, dans l’indifférence de l’Occident qui n’a jamais évoqué ce drame d’une façon correcte et juste. Il convient de préciser que les combattants ne bombardaient pas les positions de l’armée syrienne, mais anarchiquement les civils. Ce sont ces mêmes éléments armés qui ont réclamé une trêve humanitaire face à l’avancée pertinente de l’armée syrienne à Alep-est. Mais savent-ils la signification exacte du mot humanitaire ?

Plusieurs trêves humanitaires ont eu lieu avec l’accord de l’Etat syrien et de ses alliés. Mais certaines ont servi au ravitaillement en armes des terroristes. Tandis que lorsqu’il y avait vraiment des aides alimentaires ou médicales, elles ont été confisquées par les soi-disant rebelles modérés et vendues trois à quatre fois plus chères aux habitants d’Alep-est.

Alep qui a vaincu n’est pas uniquement celle des enfants morts par les bombardements anarchiques des terroristes, mais aussi celles des filles et des femmes maltraitées, violées et réduites à l’état d’esclaves. Toujours dans le silence d’un bon nombre de pays occidentaux et de leurs alliés dans le Monde.

Alep qui a vaincu est celle dont le président a accordé l’amnistie pour toute personne déposant les armes, se rendant à l’Etat légitime. Que feraient d’autres présidents, s’ils venaient à affronter les mêmes problématiques ?

Alep qui a vaincu est celle de l’armée qui a ouvert plusieurs couloirs humanitaires pour permettre aux civils de sortir du piège, et aux nombreux combattants ayant la volonté de se rendre. En revanche, les « rebelles modérés » ont posté des snipers afin de tirer sur tout ce qui bouge de l’est vers l’ouest.

Alep qui a vaincu est celle qui constitue la malédiction de tous les dirigeants qui ont comploté contre elle, et qui sont en train de partir les uns après les autres, destination la poubelle de l’Histoire. Tandis que, face au fait accompli, les nouveaux dirigeants lâchent en partie les monstres et les criminels que leurs prédécesseurs soutenaient.

Alep a vaincu, mais la bataille n’est pas terminée. Cependant, la Syrie a changé le paysage politique mondial, en avortant la tentative du printemps arabe et avec elle le projet le plus diabolique pour le Moyen-Orient.

Alep a vaincu pendant que la nouvelle administration américaine semble modifier sa stratégie au Moyen-Orient.

Alep a vaincu puisque la Turquie ne peut pas aller plus loin face à la ténacité de l’armée et du peuple syrien, ainsi que face à l’habileté des dirigeants et diplomates syriens.

Alep a vaincu puisque l’Europe s’affaiblit de plus en plus à cause de son alignement aveugle et sans conditions sur la politique étatsunienne concernant la crise syrienne.

Aujourd’hui, la victoire d’Alep est militaire. À l’instar de celle qui se déroule actuellement autour de la ville de Douma dans la banlieue de Damas, ainsi qu’aux réconciliations nationales entre les Syriens qui sont des victoires aussi importantes que celle d’Alep.

Après la reprise d’Alep par l’armée syrienne, il y a Idlib, puis Raqqa, ensuite Deir El-Zor. Seules deux solutions peuvent être envisagées à propos d’Idlib qui devient le lieu de rassemblement et de stockage des combattants en Syrie, suite à leurs sorties de différentes localités syriennes. La première solution, et la plus préférable, est tout simplement une réconciliation, sinon une grande bataille aura lieu à l’image de celle de la ville d’Alep.

Quant à l’armée turque, elle se retirera définitivement de la Syrie. Les terroristes reviendront d’où ils sont venus, laissant aux Syriens de trouver les réponses aux aspirations de leurs concitoyens kurdes.

En attendant, Alep et toute la Syrie savourent une victoire bien méritée contre tous les diables de la terre.

Antoine Charpentier

Qui entoure le nouveau Président du Liban pour gouverner ?

Le 31 octobre 2016, le Général Michel Aoun a été élu à la tête de l’Etat libanais suite à deux ans de vacance présidentielle. Face à la multitude des questions qui se posent sur la façon dont le nouveau Président libanais compte gouverner pour remettre le Liban sur pieds, le sortir de la grave crise politique et institutionnelle qu’il affronte actuellement, il convient de voir de qui le Président Aoun s’est entouré pour exercer ses fonctions présidentielles.

L’entourage proche du Président libanais demeure sa famille notamment ses filles – dont l’aînée est sa conseillère particulière – et ses gendres. Cela paraît logique, mais en même temps anormal pour une personnalité qui a toujours réfutée le féodalisme et la transmission politique des pères aux enfants.

Sur le plan national, le Président libanais est entouré de ses alliés notamment le Hezbollah et tous les composants de l’axe de la résistance au Liban.

Suite à son élection, le Président Michel Aoun a perdu des alliés comme l’ancien ministre Sleiman Frangié, tissant une alliance avec Samir Geagea[1]  son ennemi de tous les temps.

Samir Geagea, à l’instar de son allié Saad Hariri, ont admis la candidature de Michel Aoun au moment où l’axe de la résistance devient gagnant au Moyen-Orient, mais aussi au moment où l’Arabie Saoudite abandonne un bon nombre de ses alliés de la région dont Geagea et Hariri eux-mêmes.[2]

Samir Geagea, l’ancien ennemi du Président Aoun, a trouvé dans son alliance avec ce dernier, une forme de réhabilitation politique ainsi qu’une manière de blanchir son passé et son image.

L’entente de l’actuel Président libanais et de Samir Geagea demeure essentielle pour les militants de base favorisant plus de rapprochement.

Le Président libanais s’est aussi entouré de Saad Hariri, le nommant Premier Ministre en charge de former un nouveau gouvernement. Les conflits et les réconciliations ont jalonné la relation des deux hommes depuis 2005.[3] Ce fut le Général Aoun ainsi que ses alliés qui avaient poussé à la démission le premier gouvernement de Saad Hariri en janvier 2011.

Le Président Aoun a su s’imposer, aidé par ses alliances, mais surtout par sa clairvoyance et sa lecture universelle d’une politique mondiale actuellement en constante évolution, même si le scrutin a eu lieu dans des conditions pas tout à fait démocratiques, consistant à s’entendre sur le nom et la personne du Président et puis l’élire.

Certainement, l’actuel Président libanais peut être un lien entre les différents acteurs politiques au Liban, mais aussi au Moyen-Orient, sans beaucoup d’obstacles et de difficultés dont la preuve est la complexité actuelle de former un nouveau gouvernement.

Enfin, si les adversaires du Général Aoun se sont rendus à l’évidence trouvant un consensus pour l’élire, c’est aussi parce qu’ils n’avaient pas d’autres moyens pour le combattre.

Antoine Charpentier


[1] Samir Geagea ancien chef des Forces Libanaises, milices chrétiennes était aussi candidat à la présidence de la République. Il fait partie avec Saad Hariri de la coalition du 14 mars pro-saoudienne tandis que Michel Aoun appartient la coalition du 8 mars pro-iranienne.

[3] Année de l’assassinat de l’Ancien Premier Ministre Rafic Hariri, père de Saad Hariri. L’année 2005 est aussi l’année du retour du Général Michel Aoun au Liban après 15 ans d’exil en France.

La France du présent face à la Russie du futur.

La Droite, comme la Gauche française, demeure fondamentalement divisée sur la forme et la nature des relations à entretenir avec la Russie et son président Vladimir Poutine. Il est irrécusable que la Russie impose son retour sur la scène internationale avec une vision différente du Monde que celle ordonnée jusque-là par le camp occidental, avec à sa tête les Etats-Unis. Multiples sont les discours des politiques français à propos de la Russie. Cependant, ces discours politiques dénotent davantage de politiquement correct, et ce dans un but strictement électoral.

François Fillon, candidat à la présidence de la République Française, participant à la primaire de droite, souhaite mettre la Russie face à ses responsabilités, mais ne définit pas clairement de quelles responsabilités il s’agit. M. Fillon s’exprime ainsi : « La Russie est le plus grand pays au monde en superficie, mais c’est un pays dangereux et instable puisqu’il n’a jamais connu la démocratie. »1 La question qui mérite d’être posée sans pour autant vouloir défendre la Russie est la suivante : les pays qui ont connu la démocratie tels que les Etats-Unis ou encore la France sont-ils moins dangereux ? N’est-ce pas à cause de certaines démocraties occidentales que le monde est actuellement à feu et à sang ? Peut-être que le temps est venu de redéfinir le concept de la Démocratie.
Quant à Jean-Frédéric Poisson, candidat du Parti Centre à l’élection présidentielle française et participant également à la primaire de droite, il a pris le contre-pied de tous les candidats en allant en Russie à la rencontre du président Poutine et du peuple russe.

Tandis que M. Bruno Lemaire n’hésite pas à affirmer que la France est devenue la supplétive des Américains, ce qui signifie précisément que la France a perdu son indépendance face aux États-Unis, voire sa souveraineté dans l’état actuel.
L’ancien président de la république, Nicolas Sarkozy, semble clairement devenir russophile, notamment depuis son retour sur la scène publique et suite à sa rencontre avec le Président russe en octobre 2015 à Moscou.
Pour Jean-François Copé, participant également à la primaire de droite en vue des élections présidentielles, le pacte de confiance avec la Russie a été détruit à cause de l’intervention française en Libye, aggravé par la suite par la présidence de François Hollande et sa gestion des relations avec la Russie. Il convient aussi de préciser que le déroulement des événements en Libye a quelque part durci la position russe en Syrie.

Alain Juppé n’hésite pas à critiquer une certaine russophilie française. Sa compréhension des relations avec la Russie se réduit à châtier la Russie pour son action mondiale par plus de sanctions économiques. Ce qui semble être actuellement une forme dépassée et nullement efficace. D’autant plus que les sanctions économiques n’entravent en rien l’ascension de la Russie.

La position d’Alain Juppé est en quelque sorte similaire à celle de l’actuel président français François Hollande et une partie de la gauche socialiste. Le président Hollande s’oppose farouchement au président Poutine, son excès de zèle dépasse largement l’action des vrais ennemis de la Russie tels que les Etats-Unis, au point de refuser récemment de recevoir son homologue russe en France. Cela reste dans les annales diplomatiques comme une première dans les relations franco-russes. Cependant, cette politique antirusse n’est ni dans l’intérêt de la France ni dans celui du peuple français, mais qui est apparemment une préoccupation majeure de tous les candidats de gauche ou de droite. Enfin, le président Hollande semble plonger la France, au moins pour le temps qui lui reste à gouverner, dans un type de guerre froide avec la Russie.
La gauche française n’est pas épargnée par les divisions au sujet des relations à entretenir avec la Russie. Certaines personnalités politiques de gauche telles que Jean-Luc Mélenchon ont de la sympathie pour la Russie, en opposition à l’hégémonie américaine sur la France et l’Europe. D’autres comme Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères, ou Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de la défense, ont d’autres conceptions des relations internationales réfutant toutes formes d’opposition et de rupture totale avec la Russie.
Dans l’ensemble la classe politique française paraît favorable à un dialogue avec la Russie, mais dans les faits cela manque de sincérité. Les différents candidats à l’élection présidentielle française motivent leur idée d’un dialogue ou d’un rapprochement avec la Russie à travers la notion de l’intérêt de la France et des Français, mais l’idée réelle est davantage électoraliste. Cependant, les candidats à l’élection présidentielle de droite ou de gauche semblent beaucoup évoquer la Russie pour éviter d’être obligés de s’exprimer sur l’alignement total de la France sur la politique étrangère étatsunienne.

Quant à l’extrême-droite française, elle adule le président Poutine voyant en lui une incarnation de l’autorité, ainsi qu’un chef politique capable d’éradiquer l’Islam radical qui sévit de nos jours dans le monde. De surcroît, les Gaullistes français sont séduits par le concept de la Nation développée par le Président Vladimir Poutine.

Enfin, le constat est indéniable, la France est alignée sans condition, dans une posture quasi vassalique sur la politique étrangère américaine, au détriment de ses relations avec la Russie. La défaillance chronique de la politique française a poussé les deux pays à s’éloigner l’un de l’autre, ce qui n’est pas bénéfique ni pour la France ni pour les intérêts du peuple français que chérissent tant les politiciens.

Antoine Charpentier 20- novembre-2016